Carnet de route

Pâques dans les Alpes Lépontines

Le 06/04/2026 par Pascal R

Dernière sortie indiquée sur la liste ski de rando 2026, pour un weekend de Pâques qui s’annonce radieux et chaud. Plusieurs options étaient sur la table et c’est une (re)découverte des Alpes Lépontines qui sort du chapeau. Mikael aime bien et nous aussi !

Nous c’est une équipe mixte bien rodée avec Alice, Pascale, Brice, Jean Nöel, Thierry, Pascal ainsi qu’Henry qui se joint à nous pour la première fois.

La première journée est ambitieuse alors le départ est matinal. Cinq heures. Les yeux encore rouges, les phares allumés, les skis sur le toit et les coffres chargés, nous décollons en direction du col du Simplon. Huit heures ; pause-café à l’hôtel Monte-Leone, en face de l’hospice. Il y a un peu de vent. Les sommets sont couverts. Il ne fait pas très chaud. D’autres groupes sont déjà partis. Courage !

Longue montée au col du Breithorn. Lentement mais progressivement les nuages remontent et le ciel se découvre. La neige est dure. Même très dure à la selle du col où une glace bleue affleure. Tout le monde sort les couteaux. Là entre deux rafales de vent, dans une visibilité médiocre, Mikael cherche un ou une volontaire pour faire les cents derniers mètres vers le sommet du Breithorn. Il y croit. Son équipe un peu moins. Finalement c’est Alice qui s’y colle, enthousiasme de la jeunesse. C’est elle qui aura raison !  

En les attendant (pas si longtemps que ça) le reste du groupe se planque sur une banquette à l’abri du vent, sort la taque et contemple le paysage. Et quel paysage : les 4000 du Simplon, ceux des Mischabel, et de Zermatt, les Wildstrubel, la partie Ouest de l’Oberland Bernois avec son emblématique et pourtant méconnu Bietschhorn. Le ciel est maintenant complètement bleu.

Pour la descente Mikael nous dégotte une combe oubliée au Sud-Est qui rallonge le tout de 400 mètres. Le cadre est grandiose, la neige moins. Après la tôle du haut et à peine quelques mètres de moquette c’est l’entrée dans la polente avec la classique apothéose en forêt bien raide. La chaleur est maintenant accablante, on arrive rincés (dans tous les sens du terme) à l’une des voitures, précautionneusement déposée le matin même à cet endroit. Contents d’être là !

Arrivée en fin d’après-midi à Baceno à l’Albergo Vecchio Scarpone ; récompense bien méritée, douche puis repas à la carte. La plupart des plats sont à base de gibier. On trinque à l’anniversaire de Thierry avec un bon Nebbiolo. Tout va bien.

Voilà pour le premier jour.

Deuxième jour:

Petit déjeuner avancé à 7 heures. Colazione del Re ! On aurait aimé s’attarder mais pas le temps. Mikael veille.  Il faut repartir vers l’Alpe Devero. Aujourd’hui l’objectif est modeste. Enfin c’est ce que certains croyaient !

L’objectif en question c’est le Monte Sangiatto, une soit disant croupe d’altitude modeste surplombant le Plan Devero. Que nenni ! ! Le début est certes facile mais les 100 derniers mètres tournent au vrai terrain d’aventure ; pente herbeuse bien raide, méchamment exposée, avec un gentille petit arête de neige bien effilée au milieu et une sortie surplombante pour  couronner le tout. Un terrain qui n’aurait pas déplu à Simon Chatelan et Nicolas Jaquet. Voir « Au bonheur des mottes » sur la chaîne suisse « Passe-moi les jumelles » (https://www.youtube.com/watch?v=SUEV8k2VUd8) .

Mikael doit sortir la corde et hisser tout son monde en haut. Tout se passe bien quand même. Heureusement la descente de l’autre côté du sommet est plus facile.

Le problème c’est que nous n’étions pas au Sangiatto ! Après une courte descente, et après avoir déjeuné tranquillement au soleil, Mikael décide qu’il faut maintenant remonter au vrai sommet. En l’occurrence un gros mamelon sec et herbeux, barré par un ressaut pierreux en son milieu, qui ressemble fort au terrain décrit précédemment.   Le Président et les deux anciens déclinent poliment l’offre. Les autres suivent et calent à mi-parcours. Au final seul Henry, l’enthousiaste du jour, ira au sommet avec notre guide, pour la gloire et pour l’honneur.

Enthousiasme pondéré par la perte de son bâton au retour, disparu quelque part dans un trou de neige liquide entre deux racines de mélèzes.

Arrivée au refuge Castiglioni pour la bière, la douche, la soupe et le repos. Ambiance familiale, refuge rustique et accueillant.

Troisième jour:

Mikael change d’objectif, délaisse la montée plein Est de la pointe Marani pour partir à l’opposé vers la pointe de la Valle. Le départ est déjà chaud, il n’est même pas 7 heures. La traversée de la forêt prédit un retour similaire à celui des journées précédentes, agrémentée cette fois ci de montées et descentes successives.

Par contre dès la sortie de la dite forêt, une fois le premier gros ressaut passé, l’ambiance change du tout au tout et devient haute montagne. On laisse une caravane qui nous précédait partir sur la droite vers le Monte Corbernas et nous partons vers la gauche en direction de la longue arête qui amène à la Punta della Valle. On s’arrête alors vers 2600 m, sur le fil de  cette arête, dans une neige béton, soufflée par le vent. Les derniers mètres pour rejoindre le vrai sommet, bien que tracés, se transforment en course « alpi », facile mais exposée et délicate. Ce n’est plus dans l’esprit de la sortie, le jeu n’en vaut pas la chandelle et d’ailleurs personne ne fait de remarque.

On se rend compte alors que Brice s’est trompé de groupe ! Le temps qu’il nous rejoigne on aura déplié toutes les cartes disponibles pour essayer de situer les sommets et cols remarquables qui nous entourent. Chose que les applis des téléphones font très bien, même lorsqu’il vente ! On identifie alors les sommets déjà vus, mais aussi le Mont Rose au loin vers le Sud-Ouest, le Monte Leone et les 4000 de l’Oberland Bernois au Nord-Ouest. Plus près de nous la croupe caractéristique et très photogénique , qui part du Pizzo Dei pour rejoindre le Corno Cistella, en passant par le Monte du même nom.

La descente tiendra ses promesses. La bière sur la terrasse du refuge n’en sera que plus méritée. Elle accompagnera le pique-nique que le patron du refuge nous autorise à sortir.

Le long retour se fera tranquillement, ralenti parfois par les bouchons des retours de station. Dernier arrêt dégourdissement/rafraichissement à l’hôtel du Mont Buet avant d’arriver un peu avant 20 heures à St Gervais.

En résumé ; peut-être pas la meilleure neige de la saison mais une véritable immersion en haute montagne. Pas de 4000, ni de sommets très connus dans les Alpes Lépontines, même pas de gros 3000. Et pourtant une ambiance sauvage, montagnes posées sur un socle granitique, faites de sommets âpres, dont aucun n’est véritablement facile, de vallées encaissées et de lacs. Mais aussi de jolis villages, anciens alpages aux toits magnifiquement refaits en épaisses lauzes de gneiss.

Alors un grand merci à Mikael et à Brice pour nous avoir fait découvrir, en toute sécurité, ces beaux endroits. Merci aussi à toute l’équipe pour la chaleur et la convivialité. La montagne c’est comme la bière Moretti : A consommer de préférence en bonne compagnie !







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