Carnet de route
Raid Vanoise
Le 25/03/2026 par Pascal R
Météo oblige, cette année encore la Plan A (comme Autriche) est annulé à la dernière minute. Nous ne disposons que de 2, peut-être 3, journées de beau temps en début de semaine, dont une entière consacrée au voyage, alors on passe au Plan V (comme Vanoise). Au passage on perd Kerstin et Stefan, qui de Munich iront quand même faire une reconnaissance sur le début de l’itinéraire. Pour Annick, David, Jean Francois, Luc, Pascal et Rodolphe, guidés par Camille, ce sera direction le Col de la Vanoise et son refuge confortable pour deux nuitées. Il n’y a pas d’eau comme d’habitude au printemps, les chambres sont pleines, mais les crêpes au citron ou nutella sont autant copieuses que gouteuses, et les gardiens et gardiennes sympas. Voilà pour le cadre.
Pour les courses :
Lundi après-midi mise en jambe après la route, la montée au refuge et le casse-croute sur la terrasse. Du col nous montons au pied des rochers de la Réchasse pour un bon 500m de dénivelé supplémentaire. Redescente par les pentes Est, loin des traces de montée. Neige changeante mais plutôt bonne. Le ciel se couvre, la Grande Casse s’embrume. Magnifique coucher de soleil en direction des Trois Vallées au moment du repas. Admiration aussi pour la dextérité des collégiens et collégiennes de la section Sport-Etudes de Moûtiers qui montent avec patience des châteaux de cartes à 6, voire 7 étages. Eux n’ont pas pris les télésièges pour monter au refuge.
Mardi départ à 8 heures en direction du Glacier de la Réchasse, où Camille nous a préparé deux options ;
- un tour versant Ouest avec quelques passages de descente raides mais en bonne neige dans le Cirque du Dard suivis d’une remontée qui s’annonce fastidieuse dans la combe de l’Arcelin pour rejoindre le refuge,
- une boucle en versant Est, autour du Mont Pelve, qui rejoint l’itinéraire du GR5 (Tour de la Haute Maurienne) avant de remonter sur le Plateau de la Réchasse, pour rejoindre ensuite la trace de montée et revenir au refuge par gravité.
C’est la deuxième option qui est choisie. Au final un peu moins de 1400 m de D+ avec une distance qui approche les 19 km, entrecoupée d’un arrêt pique-nique près des Lacs des Lozières. Journée bien chaude. Les quelques 700m de remontée à la Réchasse sous le cagnard vont peser dans les jambes. Mais tout se fait. Le rythme est régulier, chacun à sa cadence, et comme le dit la fable ; « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » ! Contents quand même d’arriver. Grosse journée.
De là-haut on aura vu, dans le sens des aiguilles d’une montre ; la Grande Sassière, la Tsanteleina, le Grand Paradis, la Grande Aiguille Rousse, la Levanna, l’Albaron, la Pointe de Charbonnel, le Massif du Mont Cenis, plus près de nous la Dent Parrachée et bien sûr les Dômes de la Vanoise. Bref une grande partie de la Vanoise, du Grand Paradis, de la Haute Maurienne et du Mont Cenis. Somptueux.
Mercredi les prévisions météo annoncent une dégradation brusque en milieu de journée. Camile nous fait lever une demi-heure plus tôt, car l’étape est longue et exposée. Objectif : Col de la Grande Casse et retour par Champagny.
Le groupe pose les peaux sur les skis avec même un peu d’avance sur l’horaire, et histoire de bien se réveiller, attaque par une descente avant de rejoindre la moraine. La remontée de cette dernière et le long faux plat qui suit et nous amène au pied du col se font à l’ombre, avec un vent intermittent. C’est là que l’on rejoint un groupe « Allibert », partis une demi-heure avant nous, qui commence à pinailler dans les conversions sous le sommet, de plus en plus raides sur une neige de plus en plus dure. Satisfaction, toute gratuite, de doubler cette belle jeunesse en plein apprentissage ! Ils suivent le même itinéraire que nous mais on ne les reverra plus.
Il est 9 heures passées, le Col nous protège des vents d’Ouest (ceux qui soufflent vers l’Est !!!), le soleil est là qui nous réchauffe (il se lève à l’Est !!!), la montée est finie et la descente s’annonce prodigieuse. On longe la face Nord de la Grande Casse, impressionnante, qui demande beaucoup de prudence. La vue en arrière sur la brèche du Col est spectaculaire, coincée entre l’Aiguille de l’Epéna et la petite face Nord. Tout le monde suit scrupuleusement la trace de Camille, avant de tourner vers le Nord-Ouest pour rejoindre les plans de la Glière par une succession de pentes agréables à skier. De là le retour se fera par une trace surplombant le Doron de Champagny en rive droite, qui coupe une par une toutes les avalanches tombées de ce versant, avant de rejoindre les pistes de ski de fond. Un peu de skating et la navette pour Champagny nous attend, pile poil !
En attendant le prochain car, passage Pizzas-Hamburger-Tartare-Galette au Barillon, tout cela bien bon et bien servi. Ensuite nous serons seuls dans le grand bus qui nous ramène à Pralognan pour récupérer les voitures, mais il faudra quand même déchausser les chaussures de ski. Le règlement c’est le règlement.
Sur la route du retour, c’est à Bozel que les premières gouttes de pluie apparaitront, suivies d’un déluge sur la route d’Albertville et de la neige à St Gervais.
Un grand merci à Camille pour ses choix judicieux, le Chef a toujours raison ! ainsi que son attention de tous les instants. Pareil pour toute l’équipe, où chacun avait sa place et son rôle, assumé avec brio; le lièvre, le groupe de chasse, les soutiens et le serre file. Partage et bonne humeur. Une pensée aussi pour David dont le dernier jour aura été gâché par l’annonce d’un événement familial et qui saura faire face tout en restant avec nous.
On aura aussi appris que le terme "glière" désigne un terrain rocailleux et sablonneux, souvent associé à des lieux inondés ou à des formations de gravier. Étymologiquement, il provient du latin "glaria", qui signifie gros sable ou gravier. Dans le contexte local, "glière" désigne un terrain inondable près d’un torrent.
Certains d’entre nous auront également découvert que Champagny est un grand village et pas une simple montagne avec trois fenils. Bref du plan V on revient émerveillés et plus cultivés. Quoi de mieux !







